Chronographes sans compteur et montres Stop



Chronographes sans compteur et montres Stop
(partie 3 /3)

3. Les montres Stop et leurs variantes

Les montres Stop ont de lointains ancêtres comme la montre à seconde morte indépendante, inventée par l'horloger genevois Jean-Moïse Pouzait en 1777, qui existait bien avant les premiers chronographes. Cette montre possède une aiguille centrale faisant un saut par seconde comme la plupart des montres à quartz actuelles et cette aiguille peut être arrêtée à volonté grâce à une petite targette, sans que pour cela la montre s'arrête.




Montre à seconde morte indépendante. L'aiguille des secondes bat la seconde et peut être arrêtée à volonté grâce à une petite targette sur la carrure

Des montres-bracelet fonctionnant de la même manière existent : en 1955 la fabrique d'ébauches Chézard a proposé un mouvement à seconde sautante dont l'aiguille pouvait être arrêtée par pression sur la couronne. Ce mouvement a été utilisé en particulier par Doxa.
Mais l'ancêtre le plus proche est le Chronoscope Gurzelen. Gurzelen était une marque de Louis Brandt et Fils qui n'est autre que la société qui donnera naissance à Omega. Cette montre, qui date de 1885 environ, possède deux compteurs auxiliaires, l'un pour un compteur de minutes, l'autre pour un compteur d'heures, dont les aiguilles peuvent être remises à zéro par un poussoir à 11h. Elles reprennent alors immédiatement leur course.




Chronoscope Gurzelen de 1885. Les deux compteurs sont à marche permanente et peuvent être remis à zéro par le poussoir à 11h.

D'une façon générale la montre Stop permet toujours un retour à zéro d'une aiguille compteur. Par rapport à un chronographe il y a toutefois une fonction manquante, soit que l'aiguille ne puisse pas être maintenue à zéro, c'est ce que nous appellerons une montre "Stop-en vol", soit que l'aiguille une fois lancée puis arrêtée ne puisse pas être maintenue dans sa position sans pression sur le poussoir, et c'est alors ce que nous appellerons une montre "Chrono-Stop".

Comme pour les chronographes sans compteur c'est au milieu des années 1930, lors de la forte demande en montres de ce type, que sont apparues les premières montres Stop.

La première s'appelait Mimolympic.
Mimo, Manufacture Internationale de Montres en Or, avait été créée en 1889 à la Chaux-de-Fonds par Otto Graef. En 1930 Mimo avait racheté la très ancienne maison Girard-Perregaux et Co. La Mimolympic est sortie en 1936, année des Jeux Olympiques de Berlin qui eurent énormément de succès avec 49 pays inscrits et près de 4800 participants, malgré une campagne internationale de boycott.
C'est une montre Stop-en vol, rectangulaire, muni d'un joli mouvement de forme basée sur le calibre Mimo 72 de 7,75/11 lignes.
Côté cadran on note deux cadrans secondaires, l'un en haut pour les minutes, l'autre en bas pour les secondes. Par pression sur la couronne ces deux aiguilles sont remises à zéro et démarrent dès que la pression cesse.
On peut trouver des Mimolympic marquées Girard-Perregaux : en 1936 la Maison était d'ailleurs dirigée par Willy et Paul, fils d'Otto Graef.




1936




Mimolympic, ici signé Girard-Perregaux, de 1936, calibre base Mimo 72

En 1937 Ebauches SA proposa deux calibres Stop-en vol : le très original mouvement de forme Vénus 131 de 8,75/12 lignes et le Vénus 103 de 10,5 lignes. On les retrouvera sous de nombreuses marques comme Fortis, Era, Eloga et bien d'autres.




1939




Montre Stop-en vol Delma, fin des années 1930, calibre Vénus 131 de 8,75-12 lignes

Peu après, vers 1937, la célèbre Maison Rolex sortit une rare montres Stop-en vol : la Centregraph ou Zerograph avec poussoir à 2h. Le mouvement était un calibre Rolex manufacture, à le différence des chronographes Rolex, tous munis de Valjoux.




Rolex Centregraph, fin des années 1930

En 1939 c'est une entreprise majeure dans l'histoire de l'horlogerie suisse en général et du chronographe en particulier qui sort sa montre Stop : Longines.
Les origines de Longines remontent à 1832 lorsque Auguste Agassiz crée un comptoir d'horlogerie à St Imier. C'est Ernest Francillon, son neveu, qui lui succède et qui en fait une Manufacture dès 1866.
Les calibres chronographe manufacture de Longines sont d'une qualité exceptionnelle, que ce soient le 13,33, le 13 ZN ou le 30 CH. Ils ne sont guère concurrencés que par les calibres Patek Philippe, Movado et quelques versions particulièrement soignées chez Eberhard.
Le calibre de la montre Stop-en vol de 1939, Longines 12.68 Z, ne fait pas exception à la règle et sa finition est exemplaire
Longines baptisa cette montre Stop Seconde et il en existe deux versions, l'une où le poussoir permet le retour à zéro de l'aiguille des secondes centrale, l'autre, de 1941, où le poussoir remet également à zéro un compteur de minutes au centre.




1939




Longines Stop Seconde, 1941, calibre 12.68 Z

En 1940 c'est Invicta qui sortit sa propre montre Stop baptisée Secontrol.
Invicta, ancienne Maison Fils de Raphaël Picard et Co., installée à la Chaux-de-Fonds et dont les origines remontent à 1837, commercialisait également ses montres aux États-Unis sous le nom Seeland.
Le chronographe était l'une des spécialités de la Maison. L'Invicta Secontrol dispose de deux petits poussoirs ronds près du remontoir et d'une lunette tournante pour le décompte des minutes et des heures. Il a été développé par un horloger de Neuchâtel, Henri Jacot-Guyot, créateur remarquable à qui l'on doit de nombreux travaux dans le domaine du chronographe sans roue à colonnes et qui avait déjà collaboré avec Invicta pour le développement d'un remarquable et rare chronographe rectangulaire, le Chrono-Sport de 1932.
Le Secontrol est une montre Stop-en vol de petite dimension dotée d'un calibre sans roue à colonnes sur base A. Schild 984 de 10, 5 lignes et son fonctionnement est le suivant : le poussoir inférieur stoppe la marche de l'aiguille des secondes centrale et le poussoir supérieur la remet à zéro. Les petits poussoirs, qui comporte une bague d'étanchéité plaquée contre la boîte, sont aussi une idée d'Henri Jacot-Guyot.




1941




Invicta Secontrol, ici signé Rima, 1940, calibre 10,5 lignes, base A. Schild 984

Les quatre entreprises qui ont à leur tour proposé ensuite une montre Stop ne sont en revanche pas des spécialistes du chronographe et leur expérience dans ce domaine n'aura d'ailleurs pas de lendemain. Il s'agit d'Helvétia en 1941, de Tissot en 1942, de Montilier en 1946 et de Vialux vers 1947.

Helvétia était une marque de la General Watch Co., société fondée en 1895 par les successeurs de Louis Brandt et Frères à la Chaux-de-Fonds.
La montre Hevétia Stop, brevetée en 1940 et sortie un an après, dispose d'un mouvement Maison : le calibre Helvétia 822. Il s'agit d'une montre à seconde centrale permanente qui peut être stoppée de façon transitoire par un poussoir à 8h, ou remise à zéro grâce à un poussoir à 2 ou 3h.
On peut également trouver ce mouvement sous la marque Orator, propriété de Schild et Cie. à la Chaux-de-Fonds.




1941




Helvétia Stop, 1941, calibre Helvétia 822

Tissot est également un nom qui fait partie du patrimoine horloger helvétique. L'entreprise a été fondée en 1853 par l'association de Charles-Félicien Tissot et de son fils Charles-Émile, et elle est devenue Manufacture en 1918.
En 1930 l'entreprise se rapproche d'Omega pour former la SSIH, Société Suisse pour l'Industrie Horlogère, et en 1932 Lémania, spécialiste du chronographe, intègre la SSIH.
À partir de cette date Lémania devient le fournisseur des calibres chronographes d'Omega et de Tissot même si la politique commerciale voulait que les versions plus luxueuxes soient réservées à Omega.
Le Tissot Mediostat de 1942 n'a pourtant pas un calibre Lémania mais bien un calibre de Manufacture Tissot, baptisé 27,53.
La montre elle-même est une Stop-en vol. L'unique poussoir à 2h permet l'arrêt et le retour à zéro de l'aiguille centrale qui reprend sa course dès qu'il n'y a plus d'appui sur le poussoir.




Tissot Mediostat, 1942, calibre Tissot 27,53

C'est Étienne Ovide Domont qui est à l'origine en 1852 à Morat dans le canton de Fribourg de la Fabrique d'Horlogerie de Montilier. Du fait de son éloignement des grands centres horlogers l'entreprise fabrique ses ébauches et ses boîtes dont certaines en aluminium dès 1883.
En 1936 la société devient Montilier Watch Co.
La montre Montilier Telefoot de 1946 est une montre Stop-en vol. Le poussoir unique permet le retour à zéro de l'aiguille centrale qui ne décompte pas les secondes mais les minutes. L'échelle de temps en périphérie du cadran met en avant les quarante-cinq premières minutes, rappelant la durée des mi-temps des matchs de football. Le mouvement est un calibre Montilier.




1946




Montilier Telefoot, 1946

On sait en revanche peu de choses sur Vialux et sur sa montre Stop-en vol sortie aux environs de 1947. L'aiguille centrale est en fait un compteur de minutes et l'unique poussoir, coaxial à la couronne, permet une remise à zéro de cette aiguille ainsi que de celle de la petite seconde à 6h.
Le mouvement utilisé est aussi assez mystérieux. Il a pour base un calibre Arogno, l'un des fabricants d'ébauche du trust Ebauches SA et il pourrait s'agir du rare calibre Arogno158. Il est possible que ce mouvement ait été utilisé par d'autres sociétés.




Montre Stop-en vol Vialux, c. 1947. L'aiguille centrale est un compteur de minutes qui peut être remis à zéro par le poussoir. Calibre base Arogno.

Ces quatre montres sont toutefois des montres peu courantes et probablement fabriquées en très petites séries.
Les choses vont changer pour la montre Stop lorsqu'en 1951 ETA, autre fabricant de mouvement d'Ebauches SA, proposa le calibre ETA 1168. C'est un mouvement de douze lignes, Stop-en vol, avec une seconde centrale permanente qui peut être arrêtée par un petit poussoir à 2h ou remise à zéro par un autre poussoir à 4h. Ce calibre eut beaucoup de succès et fut utilisé dès qu'il fut disponible par Ogival, société créée en 1929 par René Brandt, puis par Gunzinger Frères, fabricant des montres Technos à Rosières, Béguelin et Cie., fabricant des montres Damas à Tramelan et par de nombreuses autres entreprises.




Montre Stop-en vol Aerni, c. 1951. Calibre ETA 1168 de 12 lignes

On peut également mettre dans la catégorie des montres Stop un modèle de Pierce : la Correctomatic, sortie en 1955. Sur cette montre l'un des petits poussoirs permet la remise à zéro de l'aiguille des secondes pour la mettre à l'heure, par exemple sur le bip horaire de la radio.

Dans les années 1950, on l'a vu, le public se désintéressa du chronographe. La campagne de promotion de 1963, réalisée par la Fédération Horlogère en association avec les fabricants, fut heureusement efficace et le lancement de toute une série de nouveaux modèles relança l'intérêt pour ce type de montre, en particulier auprès d'un public plus jeune mais de ce fait aux revenus plus modestes. C'était aussi un public plus sensible aux effets de mode, versatile, pour qui la montre était devenue un accessoire, à forte connotation sociale certes, mais bien loin de la "montre d'une vie" de la génération précédente.

Pour répondre à ces nouvelles attentes les fabricants de chronographes suisses lancèrent alors le concept de gamme : un modèle, portant un nom unique, est décliné dans une multitude de versions.
Les avantages sont nombreux : un nombre limité de mouvements et de boîtes permet par le jeu des modifications des cadrans et des formes la création de montres différentes à faible coût. Et les campagnes promotionnelles mettent en avant le nom unique de la gamme, chacun trouvant ensuite la version de son goût.

C'est Heuer qui inaugura ce concept dès 1963 avec la gamme Carrera qui comprendra des versions Carrera 45, Carrera 12, Carrera Tachy et des versions avec date.

Breitling en 1964 fit de même avec la gamme Top Time présentée sous une multitude de versions avec cadran blanc, noir, avec échelle tachymétrique, pulsométrique, décimale, avec boîte ronde ou carrée, simple ou étanche.

Lorsque Omega se lança à son tour dans ce concept en 1967 ce fut avec une montre Stop : l'Omega Chronostop.
Omega est une Maison majeure dans l'histoire du chronographe suisse du 20ème siècle. Elle a pour origine un comptoir d'établissage créé à la Chaux-de-Fonds par Louis Brandt en 1848. L'entreprise s'installe à Bienne en 1879 et devient Manufacture un an plus tard, produisant en particulier le célèbre calibre 19 lignes "Omega" qui donnera son nom à la société.
Omega commence la production de chronographe bracelet dès 1913 et n'a jamais cessé depuis. L'association avec Lémania en 1932 a permis à Omega d'être indépendant d'Ebauches SA pour ce type de mouvement.
La société Omega est également chronométreur officiel des Jeux Olympiques de longue date et c'est en prévision des Jeux Olympiques de 1968 à Mexico que la montre Chronostop a été conçue.
C'est un calibre Chrono-Stop c'est-à-dire que l'aiguille centrale des secondes peut être arrêté sur le zéro de façon permanente. Mais lorsque après avoir démarré l'aiguille par pression sur l'unique poussoir on l'arrête par une deuxième pression, elle ne peut pas être maintenue dans cette position d'arrêt et dès qu'on relâche la pression sur le poussoir l'aiguille revient à zéro.
Le mouvement, calibre Lémania 865, à équipé un grand nombre de versions, avec échelle pulsométrique, décimale, télémétriques, avec lunette tournante pour compte à rebours ou deuxième fuseau horaire, des versions Yachting et Seamaster étanches et même des versions avec date par guichet, en 1968, le mouvement étant alors le Lémania 920.




1967




La grande variété de modèles de l'Omega Chronostop de 1968




Egalement baptisée Chrono Stop, cette montre est assez mystérieuse. Son mouvement est une base A.Schild mais l'origine du mécanisme additionnel est inconnue.

On retrouve également un calibre Lémania dans une montre Stop-en vol très spéciale sortie vers 1967 : l'Aquastar Régate.
Cette montre reprend le principe des compteurs de régate des années 1920 avec un cadran percé de cinq ouvertures circulaires derrière lesquelles tourne un disque bicolore. Par appui sur l'unique poussoir à 2h, tous les disques deviennent rouges puis progressivement deviennent bleus à raison d'une ouverture par minute. Les premiers mouvements, automatiques, étaient signés Felsa et le poussoir était alors à 4h. Cette montre fut donc la première montre Stop dotée d'un mouvement automatique. Ensuite le mouvement utilisé fut un Lémania, également automatique, avec poussoir à 2h, et certains modèles existent d'ailleurs sous la marque Lémania ainsi que sous le nom Heuer Regatta. Aquastar était une émanation de la société Jean-Richard SA, créée à Genève dans les années 1950, et qui s'était spécialisée dans les montres et instruments de plongée vendus directement dans les boutiques spécialisées. Aquastar proposa à la même époque que la montre Régate une montre de plongée baptisée Benthos 500. C'était aussi une montre automatique Stop-en vol, avec poussoir à 2h et couronne à 4h, mais l'aiguille centrale comptait ici les minutes. La montre était étanche à 500 mètres et fut suivi quelques années plus tard par une version Benthos I, étanche à 1000 mètres.




1970




Première version de l'Aquastar Régate. Calibre automatique Felsa.

Un fabricant d'ébauches proposa à son tour en 1973 un curieux chronographe économique sans compteur qui est aussi une montre Stop-en vol : il s'agit de Baumgartner. Baumgartner a été créé en 1899 à Granges par Arnold Baumgartner avec l'objectif de fabriquer des montres à prix abordable et l'entreprise s'était spécialisée dans la montre Roskopf.
Le calibre chronographe de 1973, à ancre à goupilles, baptisé BFG 598, est un mouvement de 13,5 lignes qui existait en version 1 ou 17 rubis et qui disposait de 3 poussoirs à 2h, 4h et 8h. Son fonctionnement était assez complexe car il y avait pas moins de trois compteurs et 7 aiguilles : à 3h un compteur 5 heures, à 6h une trotteuse permanente, à 9h un compteur 30 minutes et en plus des heures et minutes, une autre trotteuse centrale permanente et l'aiguille des secondes de chronographe. Le premier poussoir à 2h démarre et arrête l'aiguille centrale des secondes. Le deuxième poussoir à 4h assure la remise à zéro après arrêt mais également la fonction retour en vol. Quant au troisième poussoir il assure exclusivement une fonction retour en vol de l'ensemble des trois autres compteurs qui travaillent donc de façon indépendante pour le chronométrage des temps longs.
Le calibre BFG 598 a d'abord été commercialisé par Baumgartner sous ses marques Uniwa et BFG, puis à partir de 1975 par Dolmy, qui en a proposé une version avec ancre empierrée, et Ilona pour un modèle Yachting au boîtier plastique étanche et au compteur de minutes subdivisé pour les départs de régates.
Baumgartner ne survivra pas à la crise du quartz et fera faillite en 1981.




Chronographe BFG, 1973. Les trois compteurs sont à marche permanente et sont remis à zéro par le poussoir à 8h. Calibre Baumgartner 598, ancre à goupilles

Après la grande crise de la fin des années 1970, le chronographe mécanique suisse n'est plus que l'ombre de lui-même.
Il va pourtant progressivement réapparaître, chez IWC en 1980, chez Ebel en 1981, et en 1983 un nouveau mouvement sera même créée : le Dubois Dépraz 2000 qui existera en version quartz et mécanique.
La montre Stop, elle, est totalement oubliée.
Avec la renaissance de la montre mécanique à la fin du 20ème siècle et le besoin croissant de créer des modèles qui se différencient d'une offre devenue pléthorique, un ultime modèle va apparaître en 1999, au tournant du siècle : la Reverso Memory de Jaeger-LeCoultre.

On ne présente plus la célèbre Manufacture du Sentier, créatrice de si nombreux calibres, mais il est peut-être surprenant pour certains de savoir que Jaeger LeCoultre n'a pas produit de calibre chronographe pour montre bracelet pendant pratiquement tout le 20ème siècle. Les chronographes de la marque utilisaient en effet des calibres Universal ou Valjoux et les premières créations, en 1988, étaient en fait des mouvements hybrides mécaniques et quartz.
Il faudra attendre 1996 pour qu'apparaisse le premier chronographe bracelet Jaeger-LeCoultre avec mouvement Manufacture, calibre 829, sur le modèle fétiche de la marque : la Reverso. C'était une petite série, limitée à 500 exemplaires et des mouvements de plus grande diffusion ne seront proposés qu'à partir de 1999 avec la Reverso Memory.
Cette dernière est une montre Stop-en vol, calibre JLC 862, dont l'unique poussoir permet le retour à zéro d'un compteur de minutes à marche permanente.




La Jaeger LeCoultre Reverso Memory et son mouvement, 1999

Le troisième millénaire s'intéressera-t-il au chronographe simple et à la montre Stop ? C'est fort probable. Seul ou associé à d'autres complications, le chronographe continue sous toutes ses formes à fasciner les générations.




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Remerciements : cet article a bénéficié des conseils avisés de Sébastien Chaulmontet et de Marco Richon. Pour les illustrations, remerciements particuliers à Sébastien Chaulmontet, Marco Richon, Klaus Zimmerman, Gerd-R. Lang et Christian Pfeiffer-Belli. La plupart des documents d'archives ont été consultés au Musée International d'Horlogerie de La Chaux-de-Fonds grâce à l'amabilité et la disponibilité de toute l'équipe de Jean-Michel Piguet et Ludwig Oeschlin.

Sources :
- Journal Suisse d'Horlogerie
- Revue Internationale d'Horlogerie
- Gerd-R. Lang et Reinhard Meis, Chronograph, Schiffer, 1993
- Christophe Koller, L'industrialisation et l'Etat au pays de l'horlogerie, Editions CJE, 2003
- Philippe de Coulon, Les Ebauches, Editions Ebauches SA, 1951
- Frédéric Baumann, Asuag 1931-1956, Editions Asuag, 1956
- Marco Richon, Omega Saga, Editions Fondation Adrien Brandt, 1998